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La Conférence du Rétablissement Forum Forum Rétablissement : les conférences Témoignages à propos de la conférence du 25 mars 2016

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  • Nicolas FRANCOIS
    Admin bbPress
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    #2401 |

    « Si j’ai appris quelque chose de cette journée, c’est que nos paroles et nos actions aussi modestes soient elles ont une action sur ceux qui nous écoutent ou nous voient vivre et ma récompense fut de recevoir d’une mère d’un jeune garçon encore dans la tourmente de ce mal psychique que mon témoignage lui donnait un peu d’espoir quant à l’issue de la maladie de son fils ! Que voulez vous de plus, j’en ai été ému presque aux larmes car même, si j’ai une apparente aisance dans l’expression orale servie par ma grosse voix, l’effort sur soi était bien présent ! Mais une tel compliment m’a immédiatement rasséréné car cet effort valait donc le coup comme la vie d’être vécue ! »

    Matthieu de Vilmorin, à propos de son témoignage lors de la Conférence du Rétablissement du 25 mars 2016

    HAUTEFEUILLE
    Participant
    Post count: 1

    Je suis une femme bipolaire avec trente-huit ans d’expérience psychiatrique derrière elle.

    C’est une expérience en effet  de se mesurer à Dieu en affrontant les cimes et  s’identifier  « au rien » en dévalant les abîmes. C’est une expérience, de vivre sans désir de vivre.

    Le rétablissement serait d’avoir retrouvé le désir de vivre, d’avoir des projets. Et d’en réaliser au moins quelques-uns.

    Le rétablissement serait de ressentir la maladie comme étrangère à soi, lointaine, ancienne.

    Le rétablissement voudrait dire ne plus vivre figée dans le temps comme dans les années de la désolation.

    Le rétablissement serait un renoncement. J’ai dû renoncer à ce qui n’était pas fait pour moi. Et que jusque là, je n’avais pas reconnu comme tel. Renoncer au désir de gloire, de perfection, renoncer à aimer l’amoureux qui m’ignore, le travail qui me surmène,  renoncer au désir d’être plus forte que moi-même, etc.

    Le rétablissement deviendrait en devenant. Il commencerait dès que commence le soin (ou l’acceptation de la maladie, les deux souvent ne coïncidant pas).

    Et sur le chemin de ce devenir, il y aurait  les autres avec qui le contact n’est pas facile mais que l’on cherche à établir. Cette quête de l’autre, on pourrait l’appeler la voie du rétablissement, la voie de la liberté.

    Aujourd’hui je conduis notamment un atelier d’écriture où j’accompagne l’expression de personnes présentant des troubles psychiques. L’atelier se déroule dans un lieu privé. Des participants venus d’associations d’usagers pour la plupart suivent cet atelier une fois par semaine. Je n’éprouve plus le besoin de me justifier, de me sentir légitime, je me présente « gagnante ». Voilà quelque chose de l’ordre du rétablissement.

    Pourtant rien ne redeviendra comme avant. Avant la première hospitalisation qui a brisé ma jeunesse. En ce sens, je ne me rétablirai pas. Se rétablir comme retomber sur ses pieds après un grand saut dans le vide. Il y a une grande nostalgie dans ce désir de rétablissement. Et je pense encore à ce que j’ai perdu.

    Mais mon état de santé s’est nettement amélioré. J’ai accepté d’avoir été malade, j’accepte de n’être plus malade. À l’heure où j’écris.

    De fait, le rétablissement c’est « vivre avec » ce qui se présente. Sans rancœur. Le plus sereinement possible. Que le germe de la maladie soit toujours là, que cette maladie soit comme une chose à laquelle je tiens finalement, qu’elle puisse germer à nouveau, ne m’empêche plus aujourd’hui de vivre, de réaliser des projets comme écrire des livres, de comprendre que dans l’altérité il y a la liberté.

    Et le fait d’écrire sur le rétablissement, n’est-ce pas la plus belle preuve de rétablissement ? Merci à tous ceux qui ont témoigné le 25 mars, et aux organisateurs de ce forum, grâce à eux, grâce à vous, j’ai pu faire le point, écrire ces lignes et partager la joie de rétablissements avérés.

    Brigitte Hautefeuille : hautefeuille.brigitte@neuf.fr

    Nicolas FRANCOIS
    Admin bbPress
    Post count: 15

    Messages de Monsieur Chatelain avant et après la conférence (publiés à sa demande) :

    Avant la conférence :

    « Les conférences sur le rétablissement en santé mentale abondent subitement ; cela correspond-il à une découverte thérapeutique ou bien à des constatations nouvelles et majeures?

    1-Si oui, j’espère avoir les références des études nationales ou internationales avec le bémol important que les définitions des maladies sont beaucoup plus larges dans les pays anglo-saxons qu’en France.
    Je suis surtout impatient de connaitre la définition exacte et objective du terme « rétablissement », évitant l’auto-déclaration car on sait que beaucoup de malades souffrent d’anosognosie.
    En effet on dit parfois que le malade est « stabilisé » ou « rétabli » ou « en rémission », termes synonymes ou non, mal définis et ambigus qui prêtent à confusion car il ne s’agit pas de guérison.

    2-Sinon, ne risque-t-on pas de faire naître des espoirs déçus car même si la remédiation cognitive ou la psychoéducation peuvent améliorer l’état du malade, ces thérapies exigent des soignants formés, très peu nombreux actuellement et peu ou pas soutenus par les financeurs ?
    Le travail peut être aussi thérapeutique mais combien y accéderont ? »

    Après la conférence :

    « Merci pour cette journée.
    J’ai compris que les seules études sont anglo-saxonnes, ce qui justifie ma remarque sur les définitions très différentes des maladies et fragilise les pourcentages affichés de rétablissement.
    L’absence d’étude française a été pointée par Marianne Auffret, élue de Paris.
    Je n’ai pas entendu de définition exacte et objective du terme « rétablissement » ; j’ai entendu des contestations du terme « rétablissement » (Claude Finkelstein, Marianne Auffret) et plusieurs fois le terme « stabilisé ».
    J’ai apprécié les témoignages de personnes malades, qui se déclarent surtout bipolaires; cela doit leur faire du bien.
    Mais je crains des espoirs déçus (voir ci-dessous) pour les autres et les familles.
    Le « rétablissement » est-il possible sans un logement « à soi » , ce qui est souvent le cas ? »

    Ajout :

    « J’ajoute que le mot anglais recovery est tantôt traduit par guérison (voir exposition Mental désordre à la Villette), tantôt par rétablissement! Ce qui ne fait qu’augmenter la confusion! »

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